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Syrie: l'accord de Genève butte sur le sort d'el-Assad - Le Figaro

Malgré le succès diplomatique enregistré samedi à Genève, des divergences subsistent avec Moscou et Pékin.

Dans une guerre, les accords politiques ont du poids lorsqu'ils s'appuient sur une situation clarifiée sur le terrain, avec des gagnants et des perdants. Ce qui n'est pas encore le cas en Syrie, où le régime de Bachar el-Assad et ses opposants s'affrontent violemment depuis bientôt un an et demi sans qu'aucune des deux parties n'ait encore pris l'avantage.

Officiellement, l'accord adopté samedi à Genève par le Groupe d'action sur la Syrie, qui prévoit notamment que le futur gouvernement de transition puisse inclure des membres du pouvoir actuel, est un succès. Pour la première fois, les chefs de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, de pays de la Ligue arabe et de la Turquie, ont réussi à s'entendre sur une résolution pacifique du conflit. La Russie, qui s'était jusqu'à présent toujours opposée à élever davantage le ton vis-à-vis de Damas, s'est montrée plus souple qu'à son habitude. Organisée à l'initiative de l'émissaire spécial de l'ONU Kofi Annan, la réunion avait pour objectif de dégager un consensus sur les moyens d'appliquer le plan en six points adopté en avril dernier et resté depuis lettre morte.

Article 7 de la charte de l'ONU

Issue de multiples tractations, l'entente ainsi obtenue entre les neuf nations n'a pourtant fait illusion que le temps d'un week-end, tant sont différentes les interprétations du plan de transition. Pour Washington et Paris, il est clair que l'accord de Genève implique nécessairement le départ de Bachar el-Assad. Le président syrien «doit partir», ont affirmé Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, et Hillary Clinton, la secrétaire d'État américaine.

Moscou et Pékin ont au contraire ­affirmé que la transition devait être décidée par les Syriens eux-mêmes et qu'aucun groupe ne devait être exclu du processus. Sous la pression russe, la proposition d'exclure du gouvernement de transition les personnalités dont la participation pourrait «compromettre la stabilité et la réconciliation» a été retirée du texte final.

L'accord de Genève a en outre fort peu de chances d'être appliqué sur le terrain, où les violences ont encore fait au moins 21 morts dimanche. Depuis le mois d'avril, l'exigence de cessez-le-feu contenue dans le plan de Kofi Annan a été ignorée par le gouvernement syrien. Pourquoi le nouvel accord, qui en reprend les grands principes, le serait-il moins?

Damas n'a pas réagi à la réunion de Genève, mais la presse officielle a d'ores et déjà estimé qu'il s'agissait d'un «échec». Du côté des opposants, le Conseil national syrien (CNS) a jugé l'accord «trop vague».

Le conseil de sécurité de l'ONU devrait prochainement être saisi pour approbation de l'accord de Genève. Si ses directives ne sont pas appliquées sur le terrain, la question sera à nouveau posée d'invoquer le chapitre 7 de la charte des Nations unies, qui autorise l'utilisation de la force pour faire respecter un accord. Mais Moscou et Pékin y restent fermement opposés.

Toulouse : un homme se réclamant d'Al-Qaïda retient 4 otages dans une banque - Obs

Un homme se réclamant d'Al-Qaïda a pris quatre personnes en otages mercredi 20 juin dans une agence bancaire de Toulouse, et demande la présence du Raid, selon une source policière. "On ignore si sa revendication d'Al-Qaïda est sérieuse ou fantaisiste", indique pour sa part un syndicaliste policier de Toulouse.

Selon la source policière, qui incite à la prudence, l'homme a tiré un coup de feu et pris en otages quatre personnes, dont le directeur de cette agence bancaire, située avenue Camille Pujol. Il réclame la présence du Raid l'unité d'élite de la police qui avait donné l'assaut et tué Mohamed Merah en mars dernier.

La police toulousaine précise que l'individu est entré dans la banque vers 11 heures et qu'il s'y est enfermé avec quatre otages dont le directeur de l'agence bancaire. L'établissement bancaire se situe au 72 avenue Camille-Pujol dans le quartier de la Côte pavée dans l'est de Toulouse, non loin du lieu où Mohamed Merah s'était retranché le 21 mars.

"Un dispositif est en train de se mettre en place pour engager le dialogue" avec l'individu, a dit le procureur de Toulouse Michel Valet joint sur place. Il a refusé d'en dire plus. Les Groupes d'intervention de la police nationale (GIPN) de Bordeaux et Marseille étaient en route pour Toulouse.

Selon des témoins, les parents des élèves d'une école voisine ont reçu des textos leur demandant de venir chercher leurs enfants.

Interrogé par le "Nouvel Observateur", un boucher-charcutier qui voit la banque depuis sa boutique raconte que la police lui a demandé de fermer son commerce et de "rester barricadé". Un second officier plus gradé est ensuite venu lui préciser que "si le Raid intervient, il va falloir évacuer". Toujours selon le commerçant, "il n'y a plus personne dans la rue, à part beaucoup de policiers, mais rien ne bouge pour l'instant".

La gérante du restaurant adjacent à la banque, et dans lequel les policiers déjeunent, a expliqué au "Nouvel Observateur" peu avant 13 heures que les policiers "ne font rien et attendent les renforts".

"Un périmètre de sécurité a été déployé et la circulation a été coupée" indique aussi au "Nouvel Observateur" l'adjoint municipal à la sécurité Jean-Pierre Havrin, sur place aux côtés des responsables de la police et du procureur Michel Valet. Selon Jean-Pierre Havrin, "le GIPN ne devrait pas tarder à arriver".

Peu d'informations filtrent, jusqu'ici, sur l'évolution de la situation. Le secrétaire zonal Midi-Pyrénées pour le syndicat Alliance police Luc Escoda explique au "Nouvel Observateur" qu'à Toulouse, "depuis l'affaire Merah, la communication est davantage verrouillée par le parquet et la police pour éviter toute interférence dans la résolution de l'affaire et garantir la sécurité des otages et des personnels susceptibles d'intervenir".

Nouvelle épreuve de force entre l'armée et les Frères Musulmans - Le Figaro

DÉCRYPTAGE - Mercredi, le ministre de la Justice a publié un décret autorisant les militaires à interpeller des civils qui troubleraient l'ordre public ou porteraient atteinte au droit du travail. Une décision qui a scandalisé la plupart des révolutionnaires.

L'invalidation de l'Assemblée égyptienne constitue-t-elle l'acte fondateur, soixante ans tout juste après l'arrivée au pouvoir des «officiers libres», d'un nouveau coup d'État militaire? Ou bien plutôt le dernier épisode en date du bras de fer qui oppose depuis plusieurs mois le Conseil suprême des forces armées (CSFA), en charge de la transition, aux Frères musulmans, principale force politique de l'Égypte post-Moubarak?

Quoi qu'il advienne dans les prochains jours, l'armée martèlera sans doute qu'elle n'a eu de cesse, depuis le soulèvement de la place Tahrir et le renversement du raïs, le 11 février 2011, de protéger la révolution et d'organiser la transition vers un régime démocratique. Elle rappellera que sa «feuille de route» prévoyant un calendrier électoral et la mise en place d'un comité chargé de rédiger la Constitution a été largement validée par le peuple le 19 mars 2011. Elle soulignera enfin que les partis politiques, mal organisés et englués dans leurs querelles pour le pouvoir, ne se sont pas toujours montrés à la hauteur de l'enjeu.

Des «amendements supraconstitutionnels»

Confronté à la pression croissante des révolutionnaires laïcs ainsi qu'à l'opposition de plus en plus explicite des Frères musulmans, le CSFA n'en est d'ailleurs pas à sa première tentative de «coup de force» institutionnel. Les généraux, qui prévoyaient initialement de remettre leur pouvoir aux civils au bout de six mois, ont déjà repoussé à plusieurs reprises la date de leur retour dans les casernes.

Au printemps 2011, ils ont également tenté de faire adopter des «amendements supraconstitutionnels» sanctuarisant certaines de leurs prérogatives - avant de renoncer sous la pression de la rue. Plus récemment, ils ont adressé une menace à peine voilée aux Frères musulmans en les invitant à «ne pas oublier les leçons du passé». Une référence évidente à la brutale répression dont l'organisation a été la cible après la tentative d'assassinat manquée contre Gamal Abdel Nasser, en 1954.

Confrontation de plus en plus directe

Malgré ces signaux inquiétants, la plupart des observateurs excluaient encore récemment un coup de force de l'armée, jugeant les chefs du CSFA mal à l'aise avec la gestion quotidienne du pays et impatients de transférer leurs pouvoirs aux civils. Mais il n'est pas impossible qu'ils aient fini par changer d'avis, irrités par une confrontation de plus en plus directe et conflictuelle avec les Frères musulmans.

Mercredi, alors que l'Égypte attendait le verdict de la Cour constitutionnelle, le gouvernement a peut-être discrètement ouvert la voie à une reprise en main par le CSFA. Le ministre de la Justice a en effet publié un décret autorisant les officiers du renseignement militaire et de la police militaire à interpeller des civils qui troubleraient l'ordre public ou porteraient atteinte au droit du travail.

Cette décision, qui intervient quelques semaines seulement après la levée de la loi martiale en vigueur depuis trente ans, a scandalisé la plupart des révolutionnaires. «C'est une façon de ressusciter l'état d'urgence sous un autre nom», s'est indigné le député libéral Amr Hamzawi. À moins qu'il ne s'agisse d'une nouvelle péripétie de l'épreuve de force entre les militaires et les islamistes.

Bayrou ne veut pas de «sectarisme» au PS - Libération.fr

Le leader du MoDem est en difficulté dans sa circonscription des Pyrénées-Atlantiques face à un candidat PS et un UMP.

Le président du MoDem, François Bayrou, en difficulté pour les législatives face à des candidats UMP et PS, a estimé lundi que si le PS répondait à son vote pour François Hollande à la présidentielle par «du sectarisme et des intérêts d’appareil, la France se s’en sortira pas».

«J’ai fait un choix qui a été regardé par tout le monde comme un choix sans précédent. C’est la première fois qu’un responsable politique du centre dit: cette ligne que vous essayez de tracer entre les Français comme un mur infranchissable, cette ligne-là, nous devons la franchir», a expliqué sur France Inter M. Bayrou, à propos de son vote pour François Hollande à la présidentielle.

«Et j’ai fait un pas, tendu la main au-dessus de cette ligne pour une raison certaine, c’est que nous n’arriverons pas à nous sortir de la crise si nous ne sommes pas en mesure de travailler ensemble entre Français. Si c’est une majorité coupée en deux avec en face, une opposition agressive décidée à la faire perdre, alors c’est le pays qui va s’enfoncer», a-t-il expliqué.

«Alors, à ce choix sans précédent dont on voit bien qu’il est difficile, si on ne répond que par du sectarisme, que par les intérêts d’appareil, alors on est sûr que la France ne s’en sortira pas et la majorité actuelle, moins encore», a-t-il prévenu.

Interrogé sur sa situation dans la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques où plusieurs sondages le donnent battu par le PS, François Bayrou a reconnu que l'«équation politique (n'était) pas facile».

«Une partie de l'électorat de droite, que je connais bien et parmi lequel je compte des amis, a été profondément choqué par le fait que je vote François Hollande. Il y a eu une émotion et un choc», a-t-il constaté.

«Mais, il y a en même temps une réflexion qui est en train de se faire sur deux questions: pourquoi l’a-t-il fait et surtout, quel genre de député voulons-nous?

«Qui pourra nous défendre, monter au créneau, aura le courage d’affronter les puissants? Et, ils savent bien que je n’ai jamais manqué de ce courage-là, y compris pour faire bouger les lignes», a-t-il fait valoir.

Revenant sur les raisons de son choix, M. Bayrou a rappelé s'être déterminé «en conscience» autour de l’idée que la France «ne pouvait s’enfoncer dans les divisions autour de sujets brûlants, l’obsession de l’immigration et de l’islam», sur lesquels s’est «focalisée la campagne de Nicolas Sarkozy».

«Je voudrais maintenant que l’on regarde l’avenir et je suis sûr que chacun des électeurs de la circonscription va le faire. Chacun sait ce qui va se produire en France et les forces dont on va avoir besoin pour que le pays sorte de cet affaiblissement. C’est en fonction de cette réflexion-là, qu’ils feront leur choix et je suis sûr qu’ils le feront dans le bon sens», a-t-il conclu.

(AFP)

Trouble de l'Eurovision - Chronique

Tam-tam-tamtamtam-tam-taaaam… Non, interdit. Ni on ne chante l’hymne de l’Eurovision ni on ne cite le nom de son compositeur, dont le prénom évoque un général romain et le patronyme un métier manuel (le premier qui répond «César Plombier» sera le représentant de la France l’an prochain). Ni on n’écrit «ding-a-dong» ni on ne mentionne ce groupe suédois au nom ambigrammique qui, depuis sa victoire en 1974, voit systématiquement un candidat s’inspirer de ses neu-neu refrains. Depuis le temps que, chaque année, nous remplissons consciencieusement notre devoir eurovisionnesque, c’est devenu trop fastoche. On a bien pensé à l’écrire à cloche-pied ou les yeux bandés, mais s’imposer des interdits, c’est plus rigolo. Et plus il y en a, plus on rit : nous n’utiliserons pas non plus ces incunables de l’Eurovision que sont «Papa Pingouin», «Marie Myriam» ou «one point». Pas plus de «sirtaki» ni, bonjour le défi, de «saloperie de coalition des anciennes républiques soviétiques qui continuent de voter entre elles résultat c’est toujours elles qui gagnent». Et puisque nous volerons ce samedi sur France 3, à partir de 21 heures, vers la capitale de l’Azerbaïdjan, aimable dictature où les opposants sont non seulement embastillés et torturés mais en plus privés d’Eurovision, aucune vanne à base de «bas», de «cul», ni de «Baku». Allez, on lance l’hymne dont on n’a pas le droit de dire le nom.

Les classiques

A écouter les 42 chans… Ben quoi ? Evidemment qu’on s’est appuyé les 42 chansons, on est des professionnels, oui même l’horrible fado circa 1973 du Portugal, oui même l’immonde scie autotunée d’Anggun, la candidate française qui n’a pas la moindre chance de succéder à qui vous savez. A les écouter, donc, ces 42 titres ontologiquement ringards, un sentiment de quiétude nous a envahis : quand nous circulerons tous dans de petits hélicoptères et que nous nous téléporterons de siècle en siècle, eh bien, il y aura toujours un mec à l’Eurovision pour bramer que «la chanson n’a pas de frontière, ni de langue, ni de couleur». Cette année, c’est une Bulgare qui s’y colle, mais c’est pareil. Autre classique, le passage à la tierce. Toute chanson de l’Eurovision qui se respecte se doit, aux deux tiers, de monter d’une tierce. C’est comme ça. Ainsi la ballade de la Croate : zou, la tierce pile au moment où on s’est regardés en se disant : «C’est super chiant, non ?» Magie. Enfin, il y a l’obligatoire enfilage de phrases types en anglais piochées dans le dictionnaire Rick Astley for Beginners : dans This Is the Night (déjà…), Kurt Calleja, bichon maltais, nous déclare successivement «Time to believe», «I’m flying high» et «Can’t you see this is killing me». Le reste du temps, il fait «hey, hey, hey».

Les scandales

Il y a eu, en 2008, le scandale de l’élimination de Dustin la dinde irlandaise (c’était une chaussette, enfin une marionnette, hein). Il y a eu, en 2011, la honteuse éviction de Homens da Luta, trotskistes portugais chantants. Et on n’échappe pas, cette année, au représentant brindezingue lâchement écarté lors des demi-finales par un vote laissé à l’appréciation de la normative populace. Alors qu’on nous aurait confié la sélection, à nous, les finalistes auraient eu une autre gueule. Les Israéliens Izabo, genre de gothiques rockabilly astucieusement revisités par la Bande à Basile, évidemment on les aurait pris. De même Rambo Amadeus. Comment la soi-disant démocratie des SMS surtaxés a-t-elle pu négliger ce candidat monténégrin dont le nom seul valait passeport pour la finale et la chanson, Euro Neuro, slam sur notre belle monnaie, ticket pour le podium ? Quant à l’Autriche, nous tenons à présenter à ce fier peuple les excuses officielles de la France. Pardon de n’avoir pas assez voté pour vos augustes représentants, les Trackshittaz, rappeurs option 8.6° dont la mise en scène à base de barres de pole dance et de danseuses équipées de lumières LED soulignant élégamment leurs arrière-trains nous a ravis. Et dont la puissance sociale du flow craché à nos faces de petits nantis a secoué nos consciences : «Woki mit deim popo !» Oh oui, bougeons tous nos popotins.

Les gagnants

A ceux qui réduisent l’Eurovision à une kitschissime caricature de poupée espagnole posée sur la télévision, nous disons non. Oui, le concours vit avec son temps. Et nous sommes au regret de vous annoncer que la chanteuse britannique Adele a fait des petits. En Italie avec l’une des favorites, Nina Zilli et son l’Amore è femina. En Allemagne avec un sérieux prétendant au titre, Roman Lob, mec mal rasé avec des boucles d’oreilles (vous voyez le genre). En Albanie aussi avec Rona Nishliu qui chante Suus (oh, ça va les vannes pourries, qui vous dit qu’en albanais votre nom ne signifie pas «scrotum» ?) On note également une tendance Lady Gaga incarnée par les jumeaux chimiques irlandais de Jedward (oui, ils nous avaient déjà pourri les esgourdes l’an dernier) et, avec une légère inflexion Kate Bush dans la chorégraphie tarée, par la Suédoise Loreen, donnée favorite, mais sur laquelle on ne mise pas un Krisproll. La mode Shakira touche également, certes avec retard, l’Eurovision avec la Grecque Eleftheria Eleftheriou (ben oui) qui fait également montreuse de culotte. Et Mandinga, que l’organisation nous présente comme «le meilleur groupe latino de Roumanie» (dont la chanson est ainsi traduite : «Le parfume du vent me baise / Quand tu me touches et me baises, ça me fait danser»). Mais on vous parie un eurobond que la victoire se jouera du côté des vieux qui infestent le concours cette année. Peut-être le Britannique Engelbert Humperdinck, 76 piges, qui ressemble à s’y méprendre à la fois au père et à la mère de Tom Jones. Plus assurément, Buranovskiye Babushki. Soit un groupe de mémés russes qui, à elles six, ont bien 32 dents et autant de siècles. Leur prestation, ce samedi, fera sensation. Costumes traditionnels, choré d’enfer incluant la cuisson live de gâteaux et ces paroles hululées façon chant des steppes techno que nous vous laissons méditer : «Mon chat est joyeux, et mon chien est joyeux / Le bonheur déborde / C’est la joie !»

Dernier feu d'artifice - Chronique de Stéphane Guillon

Ce matin, je voudrais vous confesser un sentiment confus et invraisemblable, difficile à expliquer… Voilà, depuis quelques semaines, en tant qu’humoriste, je redoute la victoire de la gauche. Cinq ans que la droite nous offre un tel spectacle, mélange de gaffes, d’excès, de dérapages, d’affaires, nous avons bénéficié d’une telle matière pour rire et faire rire… Alors soudain, j’ai peur de me retrouver sans rien, désœuvré, démuni. A quarante jours d’une possible victoire de l’opposition… Je flippe ! C’est un des paradoxes de ce métier : on se moque des travers de nos politiques, on les dénonce, on en rigole… Et quand ils s’en vont, quand ils nous quittent, on se retrouve orphelin. Ils nous manquent presque : le syndrome de Stockholm.

Pour un humoriste, une année politique sans scandales… C’est comme un hiver sans neige pour un moniteur de ski… Sa saison est fichue. A Libération aussi, l’ambiance est bizarre. Le journal ne s’est jamais aussi bien vendu, on devrait se réjouir… Et pourtant, dans le regard de quelques journalistes politiques croisés, au petit matin, à la machine à café, je perçois une inquiétude.

Je nous fais penser à un groupe de scientifiques qui pendant des années se serait investi, passionné, à chercher un vaccin pour soigner une grave maladie et au moment de trouver le remède miracle… «Putain, qu’est-ce qu’on va devenir, maintenant ?» Fini les réunions enfiévrées le soir, les apéros jusqu’à pas d’heure avec Demorand couché sous la table chantant l’Internationale. «On a gagné… Merde !»

J’ai un ami, humoriste américain, qui me l’a avoué l’autre jour : depuis le départ de George W. Bush et l’arrivée de Barack Obama, c’est l’horreur, il s’ennuie à mourir, il broie du noir. On est passé d’un cow-boy bête à bouffer du foin, dilettante, fils à papa, capable de s’étouffer en mangeant un bretzel à un homme à la grâce absolue, un Sidney Poitier des temps modernes, brillant, charismatique, capable de chanter du blues à la Maison Blanche aux côtés de Jagger et de B.B King sans être ridicule. Mon copain américain était au plus mal : «Comment veux-tu qu’on travaille, comment veux-tu qu’on s’en sorte ?»

Là-dessus, j’ai imaginé François Hollande en chanteur de blues faisant pâmer ses dames et j’ai été rassuré. Nous avons encore de la marge sur les Américains.

Malgré tout, je demeure inquiet. J’ai conscience qu’en matière d’humour politique nous vivons les dernières semaines d’un âge d’or. Dans cinquante ans, nous nous repasserons les meetings du Président comme un bon vieux Louis de Funès.

«Regarde comme il bouge les épaules ! Et ces mots entiers qu’il avale.

- Dis-moi, c’est qui le gros monsieur au premier rang qui, entre deux relents de whisky, lui a apporté son soutien ?

- Gérard Depardieu…

- Non, pas le voyou sublime des Valseuses !

- Si, c’est lui !»

Je suis inquiet. Fini la rigolade. En plus, comme un fait exprès, la droite met les petits plats dans les grands, se surpasse, fait tout pour se faire regretter, bouquet d’un dernier feu d’artifice… Fillon, jusque-là réservé, s’attaque au halal. Dati chausse ses bottes de sept lieux pour entrer en campagne : des Louboutin rouges à 2 500 euros l’unité, histoire d’aider le Petit Poucet à faire peuple ! C’est connerie sur connerie, énormité sur énormité… Depuis dix jours, «la cellule riposte» a laissé la place à «la cellule Jean-Claude Van Damme».

Bien sûr, je me fais aider, depuis quelque temps, je vois quelqu’un, mon médecin de famille, le professeur Delange. «Lâchez-vous, m’a dit-il dit, jusqu’au 6 mai, faites-vous plaisir : Libé, Canal, l’Olympia… Allez-y à fond, ne vous privez de rien !»

«Le 7 au matin, vous passerez me voir au cabinet et on avisera. Venez à jeun : Mediapart, Marianne, Rue 89, le Nouvel Obs… Aucune lecture !

- Même pas une petite brève dans le Canard ?

- Rien, soyez-là à jeun et à l’heure ! J’ai Didier Porte après vous. Vous allez avoir des moments difficiles, Stéphane, je ne vous le cache pas… Déprime, manque d’appétit… Passages à vide, votre carrière peut légèrement décliner… (Mon médecin marquait un temps, je sentais qu’il hésitait à me dire la vérité.) Je vais être franc, il y a peut-être une chance pour que finissiez jury dans The Voice…

- Non pas The Voice, pas The Voice, je ne veux pas tomber aussi bas !

- Arrêter de pleurer, calmez-vous, je préfère envisager le pire, le pire n’est jamais sûr. Et puis, vous savez Stéphane, ce n’est pas le médecin qui vous parle, mais l’ami… Entre nous… Il se peut que vous retrouviez du travail très vite… Pour les conneries, les malversations, les socialistes savent aussi être très doués, de vrais cadors, ils l’ont prouvé à maintes reprises par le passé. Dès cet automne, peut-être même à la fin de l’été, vous pourriez être totalement débordés. Faites confiance à la gauche !»

Spécial Afghanistan - Revue de presse, chroniques ...

Afghanistan : Longuet et Copé jugent intenable la position de Hollande - TF1 News

L'ancien ministre UMP de la Défense Gérard Longuet a jugé "intenable" dimanche la position de François Hollande sur un retrait des troupes françaises combattantes d'Afghanistan fin 2012, avec deux ans d'avance sur leurs alliés.
Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a souhaité pour sa part qu'il y renonce. "Honnêtement, c'est une position intenable parce que nous sommes entrés en 2001 du temps de Chirac et de Jospin dans une coalition en Afghanistan, ce qui voulait dire que nous rentrons ensemble et que nous partons ensemble", a dit Gérard Longuet sur RTL. Selon lui, "l'arrêt des troupes combattantes à la fin 2012 est à la fois techniquement difficile, ressenti par nos alliés comme déloyal et décevant pour nos militaires qui ont fait un formidable travail de formation de l'armée afghane, capable désormais de prendre la relève".
Invité sur Europe 1, i>Télé et Le Parisien, Jean-François Copé a estimé qu'il s'agissait d'une "mauvaise décision" prise au nom "d'une promesse de campagne."

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