L'édito du 25/12 au 02/01 : Histoire

La position de l’Etat turc est indéfendable. Le génocide tel qu’il a été défini par le juriste polonais Raphaël Lemkin appartient à une catégorie de droit précise et encadrée fondée sur l’intentionnalité des crimes et la finalité d’exterminer un groupe ethnique. Autant de conditions qui correspondent au génocide arménien, tout comme le génocide des Juifs et des Tutsis, les deux seuls «reconnus» et jugés par la communauté internationale. En niant ces exterminations de 1915, comme elle le fait depuis près d’un siècle, la Turquie réécrit son histoire et ment sur son passé.

Faut-il pour autant que le Parlement français impose aux Turcs sa morale et sa vision de l’histoire ? Imagine-t-on l’accueil qu’aurait fait la France à une loi turque interdisant de discuter de la déportation des Juifs par la police française ?

Le texte qui doit être voté aujourd’hui ne peut cacher les arrière-pensées clientélistes de ses promoteurs, dont les circonscriptions abritent de nombreuses communautés arméniennes. Quant à Nicolas Sarkozy, il apparaît qu’après avoir promis à Ankara d’enterrer ce texte, il en fait désormais son miel à quelques semaines de la présidentielle et des législatives. Cette pénalisation de la négation de «tous les génocides» est non seulement opportuniste mais dangereuse. Les historiens savent que la vérité est une proposition contingente. Ils s’opposent à ces textes qui polluent la mémoire et empêchent les discussions sur des sujets encore à vif. Nier le débat alimente le négationnisme.

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