Hamon : le programme de Hollande sera «largement inspiré» du projet PS - Le Parisien

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«Le projet (du PS) n'est ni mort, ni enterré, il offre une batterie de réponses sur les questions d', d'éducation...» Le porte-parole du , Benoît Hamon, l'assure ce jeudi sur Radio Classique, le programme du candidat François Hollande, qui doit être présenté dans les prochaines semaines, sera «très largement inspiré» du projet socialiste.


Etabli à partir d'une prévision de croissance optimiste (2,50%), le projet PS, adopté le 28 juin, est fondé sur l'équilibre suivant : 50 milliards de recettes dégagées par la suppression de dépenses fiscales (niches fiscales notamment) «inefficaces et injustes», dont une moitié sera consacrée à la diminution des déficits, l'autre aux dépenses nouvelles.

Benoît Hamon a par ailleurs regretté les déclarations de Jean-Pierre Chevènement, candidat MRC à la présidentielle, qui estimait mercredi sur RMC/BFM TV que François Hollande devait «s'affirmer comme un homme d'Etat» s'il voulait gagner l'élection présidentielle de 2012.

«C'est une petite phrase, et quand on est candidat à la présidentielle soi-même, on s'illustre par son projet et non par des petites phrases», a jugé le porte-parole du PS, pour qui François Hollande a la carrure d'un homme d'Etat.

 

Suite - Interview de Benoit Hamon ---> 

 

 

Le Point.fr : Quelles leçons tirez-vous de la très large victoire de la droite lors des législatives en Espagne dimanche ?

 

Benoît Hamon : Chaque fois que la gauche se résigne, elle s'expose à des défaites cuisantes et elle prépare l'arrivée au pouvoir de la droite. C'est vrai partout et sans exception. En Espagne, l'un des berceaux du mouvement des Indignés, le pendant est la réalité d'un gouvernement résigné. Alors, dans cette période de crise, nous devons montrer qu'il y a bien un autre chemin que celui qui consiste à diminuer le nombre de fonctionnaires, de services publics, de médicaments remboursés, ou à allonger la durée de cotisation avant la retraite.

 

Moody's menace ce matin la note de la France. Comment éviter une contagion des crises grecque, italienne et espagnole à la France ?

 

Le triple A, il est perdu pour la France. Quand le spread est aussi important entre l'Allemagne et la France et que l'Allemagne a le triple A, cela veut dire que la France ne l'a plus. Maintenant il revient à une agence de notation d'assumer et de le dire. Ensuite, oui, nous sommes menacés de contagion puisque l'on a renoncé à une modification du rôle de la Banque centrale européenne (BCE) qui lui aurait permis de racheter de la dette souveraine. Tout cela parce que l'Allemagne s'y refuse par crainte de l'inflation. On a donc créé le fonds de soutien de la zone euro (FESF) pour faire face aux crises successives, mais c'est une usine à gaz sous-dotée. Je ne dis pas que le seul fait que la BCE rachète de la dette souveraine règlerait du jour au lendemain la crise, mais ce serait une décision politique radicalement nouvelle. L'Europe se doterait d'un instrument de politique monétaire dont se servent toutes les zones économiques dans le monde.

 

Cette crise qui perdure est-elle la meilleure chance de Nicolas Sarkozy ?

 

Nicolas Sarkozy dit que, face à cette crise, il n'y a qu'une seule politique possible, qu'un seul président possible, qui protège, mais c'est un tour de passe-passe. Sarkozy, c'est la triche érigée en méthode de gouvernement. Il est le président de la triche sur tout. Il triche avec les faits, avec la réalité, il triche sur la violence, sur l'économie, sur la réalité du budget de l'État. Il dénonce la fraude sociale, mais il n'y a pas président plus fraudeur. Avec Jacques Chirac, nous avions un président menteur, avec Sarkozy nous avons un président tricheur. Au-delà d'un projet politique différent, qui ne se résigne pas à l'austérité, on a besoin d'honnêteté et nous n'avons pas un président honnête à la tête de la République. En face, François Hollande est un homme honnête dans ses convictions, dans son engagement, dans son parcours.

 

Les Français pourraient toutefois ne pas vouloir prendre le risque du changement en période si mouvementée...

 

 

Il y a plus de risque à garder le même qu'à changer. Après, on peut toujours décider de faire le saut de l'ange, de se jeter dans un puits dont on ne sait pas s'il y a de l'eau au fond, mais soyons sûrs d'une chose : nous plongerons tous, sauf Sarkozy, qui restera au bord, protégé par la même ombrelle, celle des plus grandes fortunes de France, qui en ont fait leur avocat. Au bout du compte, ce qu'on retiendra de Sarkozy, c'est qu'il a été le bon chargé d'affaire des familles françaises les plus fortunées, le notaire méthodique des intérêts des Bettencourt, des Bolloré, etc.

 

Il n'empêche qu'alors qu'il remonte dans les sondages, la cote de François Hollande ne cesse de baisser. Quel est le plan de bataille pour inverser la tendance ?

 

Nous sommes dans une période de faux-plat que nous mettons à profit pour préparer la campagne. D'abord, nous devions constituer une équipe autour du candidat et rassembler le PS. C'est fait. Ensuite, nous devions rassembler la gauche, notamment avec l'accord avec EELV. C'est fait. Enfin, il faut valider une plate-forme présidentielle qui proposera la hiérarchie des solutions de François Hollande : c'est pour les semaines à venir. À partir de là, le candidat va progressivement monter en puissance... Mais en même temps, il est déjà très haut ! À la sortie de la primaire, les intentions de vote étaient farfelues.

 

Vous vous félicitez de l'accord avec EELV, mais il a été scellé dans la douleur. Que s'est-il passé ?

 

Ça a été un épisode incontestablement brouillon... dont je retiens surtout que si François Hollande avait signé un accord avec lequel il n'était pas d'accord, il aurait commis une faute encore plus importante. Mais la confusion naît surtout du fait que Areva annonce publiquement avoir obtenu d'un dirigeant politique qu'un accord soit modifié en fonction de ses désirs. C'est inadmissible et surtout parfaitement faux. Il n'y a pas une étiquette "Areva" sur le blouson de François Hollande. Que des gens d'Areva aient laissé fuiter que l'entreprise avait fait plier François Hollande était un acte de malveillance. Les auteurs de cet acte ne pouvaient en ignorer les aspects politiques.

 

Vous voyez la main de la droite derrière le geste d'Areva ?

 

Clairement.

 

Vous souteniez Martine Aubry lors de la primaire. François Hollande vous paraît-il aujourd'hui le bon candidat ?

 

Je n'ai qu'un seul objectif, auquel je m'attelle du matin quand je me lève au soir quand je me couche, c'est que François Hollande soit président de la République. C'est le candidat choisi par les primaires, donc forcément le bon candidat. Ce processus lui donne une légitimité incomparable, incontestable, exceptionnelle. C'est le peuple de gauche qui a dit : c'est celui-là qu'on veut.

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