Kodak cherche à échapper au dépôt de bilan - LeTemps

La mise en faillite fait débat au sein du conseil d’administration. Le groupe Kodak n’a pas su concurrencer ses adversaires dans l’image numérique.

 

Encore un mythe industriel américain au bord du précipice: Eastman Kodak, qui lutte depuis des années pour s’adapter à la mutation d’un secteur – l’image – dont il fut longtemps le roi, est passé des difficultés chroniques à la lutte pour la survie.

Courant constamment après des liquidités qui s’épuisent, l’entreprise ne disposait plus, au dernier trimestre de 2011, que de 862 millions de dollars (807 millions de francs) en caisse, contre près du double un an avant.

Jeudi 22 décembre, le fabricant américain d’appareils photo a certes annoncé un accord de vente pour sa filiale de gélatine au groupe alimentaire néerlandais Vion Food Group. Mais il en faudra bien plus pour sauver Kodak.

S’il ne parvient pas à vite se refinancer – par la vente de nouveaux bijoux de famille ou par l’emprunt –, le dépôt de bilan deviendra inéluctable. D’ici au «milieu de 2012», pronostique Chris Whitmore, de Deutsche Bank Securities.

Certains analystes jugent d’ailleurs dépassé de s’interroger sur cette éventualité: sans se placer sous le régime des faillites, prévoient-ils, Kodak ne trouvera ni bailleurs, ni investisseurs, ni même acquéreurs pour les actifs qu’il veut céder. Le soutien de ses porteurs d’obligations (la firme est détenue à 86% par des institutionnels) disposés à lui avancer des fonds en urgence ne lui suffira pas.

Le cours de l’action Kodak constitue l’indicateur le plus probant de son approche de l’abîme. Celle-ci valait encore 29,30 dollars (27,43 francs actuels) à mi-juin 2007. Après s’être lentement étiolé, il a chuté durant la crise financière, cotant 16,90 dollars en août 2008, puis 2,24 dollars en mars 2009. Le 23 décembre 2011, l’action ne valait plus que 69 cent de dollar (64 centimes). En moins de cinq ans, la valeur boursière de la firme a donc perdu plus de 97%. D’autres sont morts pour bien moins.

A cela s’ajoute un bilan annuel qui n’a plus jamais été bénéficiaire depuis 2004 et une dette qui, pourtant réduite, a été dégradée par Moody’s fin septembre au niveau des «produits pourris». Quant aux parts de marché de Kodak, elles n’ont cessé de se rabougrir.

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