Nicolas Sarkozy révèle sa «France forte» - 20 Minutes

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PRESIDENTIELLE - Au cours de son premier grand meeting à Marseille, le président-candidat a martelé ses valeurs et a ouvert la voie à l'introduction de la proportionnelle aux législatives...

Il y avait tout: l’appel au peuple, leitmotiv du candidat, la surprise, avec la proposition d’introduire une part de proportionnelle aux législatives, un discours musclé sur les valeurs, un soupçon d’intimité et une bonne dose d’ironie grinçante sur le candidat socialiste dont il n’a pas prononcé le nom. Devant les 15.000 militants annoncés par l’UMP, Nicolas Sarkozy a fait de son discours de Marseille dimanche le premier temps fort de sa campagne.

 

Sur une musique digne d’un thriller, le candidat fait une entrée triomphale dans la salle du parc Chanot. Et pose direct le décor: «aujourd’hui, je suis venu parler de la France. On n’en parle pas assez comme si c’était démodé.» La nation, une thématique chère à sa plume Henri Guaino, et que les stratèges ont jugé rassembleuse pour un début de campagne. Avant d’entamer, dès jeudi à Lille, des meetings thématiques. «Jeune, j’ai aimé la France sans le savoir. Beaucoup dans ma famille venaient de loin.» Une formule qui n’est pas sans rappeler celle du «petit Français de sang mêlé» de la campagne de 2007. Puis d’évoquer le ciel de France, «une façon d’aligner les maisons, de planter des arbres le long des routes». Voilà pour le côté charnel, place au positionnement politique.

La France, «maîtresse de son destin et maîtresse chez elle»

Plus capitaine dans la tempête dans la crise que jamais, Nicolas Sarkozy lance: «Nous avons réussi à éviter la catastrophe». Ceux qui n’en sont pas convaincus sont priés de regarder «ce qui arrive à l’ouvrier grec, (…) au retraité italien, (…) au chômeur espagnol». Revendiquant un discours de «vérité», le candidat ironise sur l’interview de François Hollande au Guardian dans laquelle le candidat PS se réjouissait que la gauche ait «libéralisé l’économie»: «Où est la vérité quand on ne dit pas la même chose (…) d’un côté de la Manche et de l’autre, quand on fait semblant d’être Thatcher à Londres et Mitterrand à Paris?».

Très clivant sur les valeurs, le candidat de l’UMP s’en prend au vote des étrangers aux élections locales qui ferait peser un «risque du vote communautaire». «Maîtresse de son destin et maîtresse chez elle!», clame-t-il au sujet de la France, dont l’évocation cadence tout le discours. Les responsables de filières d’immigration clandestine sont taxés, eux, de «bande de criminels qui ne méritent que le châtiment le plus extrême». Quant au mariage homosexuel que Nicolas Sarkozy refuse, «nous ne voulons pas sacrifier notre identité à la mode du moment.»

L’appel aux électeurs des petits partis

S’en prenant, commeà Annecy la semaine dernière, à la «puissance des corps intermédiaires» «qui n’aiment rien tant que l’immobilisme», le président dit vouloir «être le candidat du peuple de France». «Je ne serai pas le candidat d’une petite élite contre le peuple», assène celui qui sait que l’image de candidat du Fouquet’s lui colle à la peau. Et c’est dans un «souci de renforcement de notre représentation démocratique» que Nicolas Sarkozy ouvre la voie à l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives et à la réduction du nombre de parlementaires. «La République est plus forte quand tout le monde est représenté en son sein plutôt qu’en excluant systématiquement certains.» Un appel du pied aux électorats FN et centriste, habituellement inconciliables. «L’idée du référendum est une main ouverte au peuple, celle de la proportionnelle une main ouverte aux petits partis… et à leurs électeurs», décrypte, sans détour, le stratège de l’UMP Guillaume Peltier.

Le discours fini, les ténors du parti assurent l’explication de texte. Selon la députée Valérie Rosso-Debord, le mode de scrutin souhaité par le chef de l’Etat serait proche de celui des municipales. «L’opposition est représentée au conseil municipal mais ça n’a jamais empêché aucun maire d’avoir sa majorité.» Quant à l’idée de baisser le nombre de parlementaires, pas sûr qu’elle réjouisse les élus. «S’il y en quelques-uns de moins, ça permettra d’harmoniser avec les autres pays européens», glisse, sans conviction, le sénateur-maire Jean-Claude Gaudin. Qui a vu, sous sa présidence de groupe, le nombre de sénateurs passer de 343 à 348.

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