Iran : Sakineh pourrait être exécutée par pendaison - Figaro

  • Par prodduck
  • Le 2011-12-26 17:23:12
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Accusée d'adultère, cette Iranienne avait été condamnée à la peine de mort par lapidation. La forte mobilisation de l'opinion internationale avait entraîné en janvier 2011 une suspension de la peine.

Le cas de Sakineh Mohammadi Ashtiani, cette Iranienne condamnée à la lapidation pour adultère, a connu un nouveau rebondissement ce week-end. Sa peine de mort par jets de pierres, qui avait tant ému l'opinion publique internationale en 2010, pourrait être convertie en… pendaison. C'est ce qu'a déclaré dimanche Malek Adjar Sharifi, le chef de la justice de la province iranienne de l'Azerbaïdjan oriental (nord-ouest), où elle est détenue.

«Mme Sakineh Mohammadi a commis deux délits: l'adultère pour lequel elle a été condamnée à la lapidation et la participation au meurtre de son mari pour lequel elle a été condamnée à dix ans de prison», a précisé l'homme dont les propos ont été rapportés par l'agence de presse FARS. Il a avancé des raisons «techniques» pour justifier cette nouvelle décision: «Nous n'avions pas les moyens d'appliquer la peine de lapidation (…) Le chef de l'autorité judiciaire, l'ayatollah Sadegh Larijani, a alors estimé que dans la mesure où l'objectif est l'exécution de la condamnée, si on n'a pas les moyens d'appliquer la lapidation, on peut choisir la pendaison, mais il a ordonné qu'on demande l'avis d'autres juristes religieux», a-t-il ajouté.

«Scandaleux!», s'insurge un avocat iranien, contacté à Téhéran, et qui préfère garder l'anonymat. Pour lui, «cette évolution pathétique du dossier ne fait que refléter l'archaïsme des lois iraniennes, dont Sakineh est une des nombreuses victimes». Et de rappeler qu'en vertu de la charia (loi islamique) en vigueur depuis la révolution de 1979, l'adultère est passible de la peine de mort par lapidation tandis que le vol, le meurtre et le viol sont, eux, condamnables par pendaison.

L'affaire Sakineh remonte à 2006. Cette mère de famille avait été condamnée à mort pour son implication dans le meurtre de son époux avec l'aide d'un homme présenté par la justice comme son «amant», ainsi qu'à la lapidation pour adultère. La première peine avait été ramenée à 10 ans de prison en appel en 2007. La seconde avait été confirmée par une autre cour d'appel, avant d'être provisoirement suspendue en janvier 2011 à la suite d'une intense mobilisation de la communauté internationale.

Du Vatican -qui avait appelé à la clémence- au Brésil -qui avait offert l'asile politique à la condamnée-, en passant par l'Union européenne -vivement remontée contre la «barbarie» de la condamnation-, les voix s'étaient élevées pour faire plier la justice iranienne. L'embarras des autorités iraniennes s'était alors illustré par une succession de déclarations contradictoires, les uns suggérant discrètement un renoncement à la peine capitale, les autres préférant retarder l'énoncé du verdict final.

Interrogé à l'époque sur la possibilité d'annuler la peine prononcée contre l'accusée, Malek Adjar Sharifi avait estimé que «tout est possible», évoquant certains «doutes» quant aux «preuves» dans le dossier. Des propos ambigus qui sont toujours à l'ordre du jour.

Dans sa déclaration de dimanche, le chef de la justice de la province iranienne de l'Azerbaïdjan oriental s'est gardé d'évoquer un calendrier précis concernant l'exécution de Sakineh. «Nous ne sommes pas pressés (…) Nous attendons de voir si on peut transformer la peine de lapidation en pendaison et dès qu'on aura la réponse, nous appliquerons la peine», s'est-il contenté de déclarer.

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