Marine Le Pen, un cas à part !

  • Par prodduck
  • Le 2012-04-29 19:36:54
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Les résultats électoraux donnent toujours lieu à des interprétations mystérieuses. On comprend mal pourquoi Eva Joly, qui a fait mieux que Dominique Voynet en 2007, a subi un désastre (ce serait parce que, cette fois-ci, elle représentait à la fois les Verts et Europe-Ecologie), tandis que Marine Le Pen, qui atteint un pourcentage moindre que celui cumulé de son père et Bruno Mégret en 2002, remporte un triomphe «record». La droite s’est réjouie de voir enfin arriver la campagne du second tour où Nicolas Sarkozy ne sera plus obligé de se battre à un contre neuf. Certes, cette formulation a pour but de conforter l’aspect à la fois victime et Superman de son héraut. Mais c’est aussi une façon de bien entrer dans la tête de leurs électeurs que Marine Le Pen et François Bayrou sont farouchement opposés au président sortant. Et, neuf contre un, ça montre également que si Nicolas Sarkozy a la capacité de rassembler, c’est plutôt contre lui qu’autour. Limiter le vote dit protestataire à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon est trop modeste, ce sont les huit adversaires du Président qui en ont bénéficié.

 Le Front national est aussi dans une situation paradoxale : il veut se dédiaboliser, mais juste ce qu’il faut. C’est quand même en tant que parti diabolique qu’il a un succès qu’il pourrait perdre en devenant droite de gouvernement. En dédiabolisant Marine Le Pen durant cet entre-deux tours, Nicolas Sarkozy commence par se diaboliser lui. Il faut une longue cuiller pour déjeuner avec le diable et espérer faire de multiples bouchées de ses électeurs, surtout quand, pour sa part, c’est à la petite cuiller que la diablesse en question compte ramasser vos propres élus. «Frontière» et «immigration» ne sont peut-être pas des «gros mots» mais il ne faudrait pas que «Sarkozy» en devienne définitivement un. On dirait que l’actuel Président se poutinise : bientôt, il déclarera vouloir expulser les étrangers jusque de dedans les chiottes. Certes, Nicolas Sarkozy a l’expérience de la fonction présidentielle, mais nous aussi, on a l’expérience de Nicolas Sarkozy président, et ça n’en a pas été une bonne. A l’intérieur de «la France qui souffre», il y a une France d’envergure, celle qui souffre de Nicolas Sarkozy.

 C’était donc ça, la fameuse «rupture» : en finir avec ce racisme anti-FN qui empoisonne le pays (et la droite) depuis des décennies. Espérons qu’au moins aucune discrimination positive n’est envisagée en faveur de l’extrême droite. Il est désormais avéré que Claude Guéant ne fait vraiment pas l’affaire, même pour rafler les voix du FN. Travailler plus pour gagner moins : voici ce qui est arrivé à Nicolas Sarkozy à ce premier tour. Alors qui, mieux que lui, peut comprendre les déçus du sarkozysme ? Qu’il continue à reprocher à François Hollande son manque de charisme. A quoi sert le charisme sinon à gagner ? Mais si on gagne sans lui (et qu’on perd avec). Dans le cadre des interprétations diverses, on pourrait mettre au débit du candidat socialiste le temps pluvieux qu’il fait depuis qu’il a remporté le premier tour. Mais, aussi bien, c’est le signe de sa baraka avec les nappes phréatiques.

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