Vladimir Poutine à la porte du Kremlin - Le Figaro

  • Par prodduck
  • Le 2012-03-03 17:36:08
  • Commentaires (0)

Le premier ministre russe est donné gagnant dans les sondages, dès le premier tour de la présidentielle qui se tient dimanche.

Vladimir Poutine devrait être élu, ce dimanche soir, président de la Fédération de Russie. Tous les sondages le donnent gagnant au premier tour, avec une confortable avance sur ses adver­saires et notamment le communiste Guennadi Ziouganov. Les mouvements pro-Poutine ont réservé, dimanche soir, la place Loubianka, à Moscou, pour fêter la victoire.

Déjà, le calendrier de la transition entre le premier ministre et l'actuel chef du Kremlin s'affine. Début mai, Dmitri Medvedev devrait reprendre à la Maison blanche le poste de chef de gouvernement que lui laissera son successeur.

Et pourtant… Jamais, depuis 1996, lorsque Boris Eltsine fut menacé d'une défaite au profit des communistes, un scrutin présidentiel russe n'aura été marqué par autant d'incertitudes. Après douze ans de pouvoir ininterrompu, Vladimir Poutine fait face à un mouvement de contestation inédit, dont l'épicentre se situe dans la capitale russe, mais dont les secousses se font également sentir dans les régions. Dans un entretien accordé jeudi à la presse étrangère, le candidat s'est dit «très content» de ces manifestations de protestation, signe, selon lui, que «les autorités doivent réagir avec vivacité dans le pays à l'humeur des gens et répondre à leurs attentes». D'autres déclarations trahissent plutôt la fébrilité qui s'est emparée du Kremlin.

Mercredi, le même Vladimir Poutine avait publiquement soupçonné les représentants de l'opposition de vouloir «flinguer quelqu'un pour ensuite accuser le pouvoir». Ces derniers «cherchent une victime sacrificielle parmi des gens connus», avait-il ajouté. La semaine dernière, citant la bataille de Borodino perdue par Napoléon en 1812, il avait comparé la Russie à un pays en guerre, obligée de se défendre contre l'envahisseur occidental.

En face, l'opposition ne désarme pas. Elle appelle dès à présent à une manifestation le 5 mars à Moscou, destinée à contester la légitimité du scrutin. À la différence des scandales qui avaient émaillé la campagne des élections législatives, les soupçons de fraudes sont, cette fois, relativement ténus. «Des méthodes noires sont toujours utilisées, mais avec prudence», note l'association Golos, qui fait l'objet de mesures d'intimidation de la part des autorités.

Contestation inédite

«Le principal problème vient du fait que la carrière des gouverneurs, nommés par le Kremlin, est liée aux performances recueillies par Poutine dans leurs régions respectives», explique le député Guennadi Goudkov, proche de l'opposition. Hier, le président de la commission électorale, Vladimir Tchourov, dont la rue exige la démission, est allé prier dans la cathédrale moscovite de la Naissance-de-Saint-Jean-le-Précurseur.

Selon le quotidien Vedomosti, le score obtenu par Vladimir Poutine donnera une première indication de la volonté de dialogue du futur président, celle-ci devant se révéler inversement proportionnelle à l'ampleur de la victoire. Pour les opposants au régime, seul compte le résultat du candidat à Moscou, qui, selon eux, ne devrait pas dépasser 32%. Poutine balaye ces insinuations, excluant tout durcissement du régime.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Nom de domaine

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site